CO² mon Amour sur France Inter le 12/03/2016

co2-mon-amourCO² mon amour : on parle d’EuropaCity

A partir de la minutes 46, dans CO² mon amour, on écoute Frédéric Denhez et Denis Cheissoux sur EuropaCity.

 

 

C’est 230 000 m² de galeries commerciales, c’est une piscine, une piste de ski, un endroit où on pourra faire non pas du vélo mais du surf. Donc tout va bien. En tout, 80 ha de terres agricoles qui vont être recouvertes et étanchéifiées pour ce projet. Vous allez me dire, les toits de ce centre commercial gigantesque, seront même végétalisés, donc tout va bien. Et puis, il y aura une ferme urbaine de 7 hectares, grâce à laquelle les petits enfants franciliens pourront aller voir le derrière des vaches, avec des éleveurs qui sans doute auront des chemises à carreaux et un accent. Tout cela est un peu particulier.

Pourquoi c’est embêtant ?

Un, parce que c’est 80 ha de terres qui compte parmi les meilleures terres du monde, les plus fertiles.

Deuxièmement, c’est une surface gigantesque dont la modification va modifier l’écoulement de l’eau, l’hydrologie. Or, on sait à quel point, en particulier en Ile-de-France, l’eau s’écoule trop vite, elle n’est plus assez absorbée par les sols, ce qui augmente les risques d’inondation.

Et puis, derrière tout ça, il y a, est-ce que l’on en a vraiment besoin ? Il y a déjà dans un rayon de 10 km, cinq centres commerciaux gigantesques qui fonctionnent mal, pourquoi ? Parce que les centres commerciaux, en général en France et dans le monde occidental fonctionnent mal. Parce que les consommateurs, comme vous et moi, se reportent et redécouvrent un peu les centres villes et vont un peu moins dans les hypermarchés.

La rentabilité de ces centres commerciaux est moins fondée sur le chiffre d’affaires réalisé par les grandes enseignes que par les loyers exorbitants payés par les petites enseignes qui s’y trouvent et dont le turnover est très important. En fait, c’est une bulle financière. Et quand cette bulle éclatera, si EuropaCity se ferme, on retrouvera avec des friches industrielles et commerciales gigantesques à la charge de qui ? A la charge du contribuable, des des administrés et des collectivités locales.

Ce projet même d’un point de vue économique n’a pas beaucoup de sens.

Que répondre à 11 800 emplois directs ? Le sésame, la baguette magique ?

C’est invérifiable et quid des emplois qui seront supprimés dans les autres centres commerciaux, notamment à Aéroville qui va mal et dans les commerces de centres villes.

La question du débat sur l’opportunité du projet est également évoquée, du fait qu’il existe déjà un protocole financier sur l’achat des terres entre l’État et Auchan. On se pose seulement la question de l’utilité économique et de l’intérêt pour la société d’avoir ce genre de projet. On réagit et on se pose la question seulement à la fin.

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