La Gazette – EuropaCity : après le débat, le combat – 14/09/2016

Alors que la commission pour le débat public vient de donner son bilan des réunions publiques, les opposants au projet annoncent poursuivre la lutte.

La Gazette du Val d’Oise | 14 septembre 2016 | page 35 | Fabrice CAHEN

« Le collectif, rejoint par les nombreux partenaires indignés, va renforcer sa mobilisation dans les prochains mois », fait déjà savoir le Collectif pour le Triangle de Gonesse (Cptg), qui s’oppose au projet EuropaCity dans cette Zac (zone d’activités concertées) L’occupation du terrain par des zadistes, comme à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) et le blocage par des altermondialistes, sont même évoqués. « Le débat public a confirmé l’existence d’une vive opposition à ce gigantesque complexe commercialo-ludique », retient le Cptg. « Les arguments des promoteurs ont été sérieusement mis à mal et contestés par des experts indépendants, au point qu’à la fin du débat public Auchan et les élus du Val-d’Oise favorables à EuropaCity préféraient mettre en avant des arguments secondaires, comme les retombées fiscales, l’attractivité ou la notoriété pour le territoire ! », souligne le collectif qui a suivi l’ensemble des débats. Les opposants au projet appuient notamment leurs arguments sur le souhait de préserver la zone agricole contre le bétonnage.

Conflit économique

Au-delà de l’aspect écologique, l’impact économique remonte également à la surface. Le groupe Hammerson, s’oppose désormais à Auchan. « Je vois avec la plus grande inquiétude l’arrivée annoncée du pôle EuropaCity. Les commerçants de la galerie s’inquiètent aussi », avait exprimé Karl Tailleux, directeur du centre commercial O’Parinor (muté depuis, à la direction des 3-Fontaines à Cergy), lors d’une réunion organisée, le 11 juillet, par le Cptg. L’espace commercial d’Aulnay-sou-Bois serait menacé par l’arrivée du méga centre commercial du Triangle de Gonesse. « Nous avons donc lancé des contre-études d’impact, afin d’apporter nos éléments et la preuve qu’un tel projet allait véritablement menacer le commerce environnant », avait affirmé Karl Tailleux, avant d’apporter ses propres chiffres. « On parle de la création de 11 800 emplois alors qu’il en menace 8 800. On entend aussi dire que 500 enseignes différentes de celles déjà existantes viendraient s’implanter sur EuropaCity. Or, il n’y a nulle part ailleurs en France, autant d’enseignes qui se développent », s’étonnait le directeur du centre commercial. « Il s’agit-là d’une cannibalisation du commerce des alentours. Que vont devenir O’Parinor, Aéroville et les autres centres commerciaux ? », s’était-il inquiété. Le même constat avait été fait par Marc Necand, président de la Confédération du commerce de France. « C’est un projet fou et démentiel, catastrophique pour le commerce local. On va tuer les derniers commerces qui font la particularité de nos villes. La décision revient aux élus locaux », a-t-il lancé.

Guerre d’élus

« La Société du Grand-Paris et l’Epa Plaine de France, ont quant à eux choisi d’être les Vrp d’Auchan et de Wanda, son partenaire chinois », affirme le Cptg, alors que le président de l’établissement public d’aménagement de la Plaine de France, est le député (Lr) Jérôme Chartier, vice-président de la région Île-de-France. Des élus du Val-d’Oise, s’opposent désormais à ceux de la Seine-Saint-Denis.

Dans ce département, c’est Bruno Beschiza, conseiller régional (Lr), du même bord que certains élus favorables au projet, qui monte au créneau. « Lors du débat public, on a constaté que les représentants d’EuropaCity parlaient au futur. Or, un débat public devrait se faire au conditionnel. On avait un peu l’impression qu’on était là pour débattre sur la couleur du site, les essences des arbres, le type de matériaux pour la construction. On est donc intervenus pour défendre nos arguments », déclarait le maire d’Aulnay, président de l’établissement public territorial Paris-Terre d’envol, qui a réussi à engager une étude contradictoire au projet EuropaCity. « EuropaCity, arriverait alors qu’à Tremblay-en-France, un autre projet avec des investisseurs chinois est déjà en marche, qui servira autant la Seine-Saint-Denis, que les départements voisins. Notre action n’a jamais été un combat contre le Val-d’Oise, mais pour nos territoires », n’oublie pas de préciser l’élu régional, qui se bat aussi contre son clan politique.

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