Le déni démocratique des pouvoirs publics

Ce qui est particulièrement dérangeant, c’est la manière forte et brutale par laquelle les représentants de l’État interviennent pour prendre position en faveur d’Europacity alors que le débat public n’a pas encore eu lieu et qu’il n’existe aucun dossier officiel de présentation du projet.

Or, selon la loi d’aménagement de ce type de projet, le « débat public [doit] avoir lieu en amont de toute décision afin que les avis divergents ou contradictoires puissent interpeller le maître d’ouvrage ». C’est pour éviter tout conflit d’intérêt que le législateur a fait de la CNDP une autorité administrative indépendante. L’État et l’EPA devraient donc être les garants du débat public, faire en sorte qu’il ait lieu au plus tôt et s’interdire de prendre préalablement position sur le dossier. Et cela d’autant plus qu’il s’agit ici d’un projet 100% privé. Les contestations, parfois violentes, autour des grands projets inutiles et imposés (7) partout en France et le décès tragique de Rémi Fraisse, à Sivens, semblent sans effets tangibles sur l’attitude des pouvoirs publics.

Cependant, nombre d’élus ne sont pas favorables au projet. L’ensemble des élus du Conseil Départemental de Seine Saint-Denis, gauche et droite confondues, le désapprouve publiquement. Dans le Val d’Oise, les élus régionaux Front de gauche et EELV s’y opposent également. Terres d’envol s’est clairement prononcé contre le projet. Les communes qui jouxtent le Triangle de Gonesse, Saint-Leu-La-Forêt (LR), Stains, etc. ont fait part de leur opposition et inquiétudes, compte-tenu des centres commerciaux déjà existants et de l’enjeu de la reconversion du site de Peugeot SA à Aulnay.

Imperturbable, l’État a choisi le rapport de force et poursuit les acquisitions de foncier agricole du Triangle de Gonesse comme au bon vieux temps de la technocratie des Villes nouvelles.

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