Un appareil de formation peu adapté aux besoins de la main d’oeuvre locale

Cette contribution vient en complément du texte intitulé « Emplois d’EuropaCity : des qualifications sous-estimées peu accessibles à la main-d’œuvre locale ». Elle se propose d’examiner les ressources de l’appareil de formation disponibles sur le territoire, identifiées par établissements et filières de formation, au regard des besoins de la main-d’œuvre locale. Afin d’être en cohérence avec le document précédent, nous avons focalisé cette analyse sur le territoire de Val-de-France, qui représente une population de 108 400 habitants « en âge de travailler » (de 15 à 64 ans inclus), soit 29% de la population et 6 communes du Grand Roissy.

I. Une offre de formation conséquente

Contrairement à ce qui est généralement avancé, Val-de-France dispose d’un important équipement d’enseignement du secondaire et supérieur, avec 17 établissements, préparant 72 diplômes et une préparation aux concours.

  • Niveau V : 19 CAP, deux diplômes spécialisés et 2 mentions complémentaires d’un an supplémentaire ; 2 diplômes d’Etat médico-sociaux dans deux établissements et un lycée.
  • Niveau IV :
    • diplômes professionnels : 19 Bacs Pro et un Brevet Professionnel ;
    • diplômes technologiques : 4 Bacs Techno, avec 8 options possibles, dispensés dans 6 établissements ;
    • diplômes généraux :
      • 4 lycées préparant les 3 Bacs EL, L et S ;
      • 4 autres les deux Bacs EL et S.
      • Ajoutons l’antenne du CNAM de Garges-lès-Gonesse qui propose un DU (diplôme d’université) permettant en un an aux non titulaires du Bac de pouvoir poursuivre des études supérieures.
  • Niveau III :
    • 11 BTS en lycées et une formation en CFA ;
    • 3 DUT à l’IUT de Sarcelles ;
    • un diplôme d’Etat médico-social.
  • Niveau II :
    • 3 licences PRO
    • un diplôme spécialisé
    • une classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE) Economiques et Commerciales, en 2 ans, qui conduit ensuite à des écoles de commerce et management délivrant un master.
    • Notons également des conventions « prépa Sciences Po » à Sarcelles (J.J. Rousseau) et Garges-lès-Gonesse (Simone de Beauvoir).

II Une pyramide de formation fortement déséquilibrée

Habituellement, une pyramide est large à sa base et se rétrécit vers le sommet. Dans le cas de Val-de-France, la pyramide de qualification de la main-d’œuvre est très large à la base (population sans aucun diplôme, 24 %), diminue très fortement aux niveaux VI (13%) se réélargit en V (21%) et se rétrécit ensuite au niveau Bac (17%). La pyramide de formation devrait idéalement épouser le même profil. En réalité, elle présente une base étroite, un renflement au niveau Bac (43 %) et un sommet aplati (absence de niveaux I et II). Ainsi, on ne compte sur l’agglomération de Val-de-France que 23 CAP (et assimilés) sur 72 diplômes proposés, soit 31% du total. Au niveau IV, on répertorie 32 libellés de Baccalauréats.

Notons ainsi le traitement privilégié dont bénéficie le niveau baccalauréat dans l’appareil de formation de Val-de-France par rapport aux CAP, à la fois par le nombre d’offres de diplômes de 40% supérieur, mais surtout près de 3 fois plus d’organismes formateurs.

Pour atteindre l’objectif de « 80% d’une classe d’âge au Baccalauréat » proclamé par J.P. Chevènement en 1985 (Objectif quasiment atteint – 78% – pour la génération passant le Bac en 2012), l’Education Nationale a supprimé les deux tiers des CAP, en raison d’une double désaffection des élèves ne trouvant pas de maîtres d’apprentissage et des entreprises, ayant relevé leur niveau d’exigence. Elle a aussi supprimé les BEP qui s’obtenaient en 2 ans après le CAP, afin d’éviter le rallongement de fait de l’enseignement dit « court » (auparavant, l’obtention d’un Bac Pro en 4 ans), par rapport à l’enseignement dit « long » des filières générales (en 3 ans). Mais ces allègements ont eu pour conséquence de supprimer les diplômes de niveau intermédiaire, mettant ainsi hors jeu des élèves n’ayant pas les capacités d’atteindre le Bac : ils sortent désormais de l’appareil scolaire sans diplôme.

Cette politique nationale a des effets pervers plus accentués dans le cas de banlieues populaires comme la plupart des communes du Grand Roissy, où les niveaux de qualification sont faibles. On a ici un effet pervers aggravé de l’objectif national d’excellence qui néglige les populations les moins performantes. En effet, la moitié (49,3%) des jeunes de 18 à 24 ans de Val-de-France est scolarisée, avec un net décrochage pour les garçons (Villiers-le-Bel : taux de scolarisation de 46% pour les garçons ; 54,4% pour les filles). En ce qui concerne l’ensemble de la population en âge de travailler, celle qui ne possède pas le niveau Bac atteint 55% dans le Val d’Oise, mais… 67 % pour l’ensemble de Val-de-France, et même 74% (Recensement par îlot IRIS- INSEE- 2011) dans des quartiers sensibles comme celui de « Derrière-les-Murs-de Monseigneur » à Villiers-le-Bel. Une répartition exactement inverse en ce qui concerne les diplômes de ces niveaux préparés sur le territoire : 74 % des offres de formation correspondent à un niveau Bac ou plus (Nous ne sommes pas en capacité de pondérer ce chiffre par rapport aux effectifs inscrits). .

Les statistiques d’emplois ne sont pas sexuées, mais on note en matière de diplôme un fort écart garçons/filles chez les jeunes de 16-24 ans inclus. Les filles sont 23% de plus à avoir un bac et 76% à posséder un diplôme d’enseignement supérieur.

Ainsi, l’appareil de formation local n’est pas en capacité de réduire le décalage existant entre les exigences accrues des entreprises et le faible niveau de la main-d’œuvre. Clairement, l’offre de formation du territoire se positionne à des niveaux correspondant au tiers de la population en âge d’activité (voire le ¼ dans les quartiers en difficulté) et contribue à accentuer la fracture entre ceux qui disposent d’un niveau IV (Bac) et les autres. 

III. Un éventail restreint de filières de niveau V

L’Education Nationale n’est guère revenue sur sa politique sélective de suppression des diplômes de premiers niveaux, malgré la re-création de certains CAP sur des filières émergentes (cf CAP Petite Enfance préparé au lycée d’Arnouville).

III.1. Les formations industrielles se limitent sur Val-de-France à trois branches d’activités, réparties sur 3 sites :

  • « Véhicules » : 4 CAP « voitures particulières » (maintenance, carrosserie) à Garges-lès-Gonesse et un CAP et deux spécialités « Transport routier » à Promotrans à Gonesse;
  • « Bâtiment » : 5 CAP au lycée Mendès-France à Villiers-le-Bel dans des créneaux recherchés (froid et conditionnement d’air, sanitaire, thermique…)
  • « Alimentation-Restauration » : 4 CAP également à Villiers-le-Bel (Institut des métiers de l’Artisanat – IMA, Chambre de Commerce du Val d’Oise).

Les autres filières industrielles ne sont pas représentées (électricité/ électronique, chimie, matériaux, biotechnologies, environnement, etc.)

III.2 L’offre est également fort restreinte dans le secteur tertiaire,

avec deux familles de CAP qui correspondent bien à l’importance de ces branches dans les activités locales.

  • « Commerce » (Employé multi-spécialités au lycée Arthur Rimbaud, Garges-lès-Gonesse ; Employé de vente spécialisé /produits alimentaires ; ou /équipements courants à l’IMA de Villiers-le-Bel) ;
  • « Transport-Logistique » au CFA de Promotrans à Gonesse avec deux formations spécialisées de « Conducteur de transport routier marchandises » sur porteur et tous véhicules, et un CAP « Opérateur logistique » à Garges-lès-Gonesse.
    Citons encore le CAP Coiffure à Villiers-le-Bel.

Mais notons des pans entiers non couverts dans les professions de services aussi bien aux entreprises qu’aux personnes…

L’appareil de formation de niveau V, contrairement à sa finalité première qui est de permettre à des jeunes d’accéder à un premier diplôme, est essentiellement ciblé sur quelques filières répondant aux besoins du pôle de Roissy et néglige de nombreuses autres filières présentes dans l’ensemble de l’Ile-de-France. Or, d’après une étude de l’IAU (IAU, Atlas des franciliens, chapitre 4.2., édition 2013.), les emplois non qualifiés (évalués à environ un million, dans une large palette de métiers) sont concentrés dans les zones les plus densément peuplées, à Paris (270 000) et en proche couronne, notamment Nord (Seine-Saint-Denis : 107 000). Ce qui explique l’importance des flux de déplacements domicile-travail des actifs du Grand Roissy, qui se dirigent essentiellement vers le Sud.

IV Un grand nombre de Baccalauréats, notamment Professionnels

Encore faut-il que les élèves parviennent à ce niveau.

IV.1. Les Bacs PRO sont au nombre de 19, un peu plus nombreux dans le secondaire.

  • Filières secondaires (11) :
    • Sans surprise, les domaines dispensés au lycée Rimbaud (Garges) : maintenance, réparation de carrosserie pour les véhicules particuliers ;
    • la maintenance des matériels de transports au CFA Promotrans (Gonesse) ;
    • le lycée de la Tourelle (Sarcelles) conduit à des spécialités industrielles innovantes, décrites plus loin.
  • Filières tertiaires (8) :
    • 2 Bac Pro Commerce au lycée Arthur Rimbaud (Garges) et au CFA-GESCIA (Gonesse) ; des offres en Gestion–Administration (Arnouville, Sarcelles et Villiers le Bel), qui remplacent les anciennes activités classiques d’administration des entreprises de type Secrétariat, Comptabilité…
    • 2 Bac en Transport-Logistique à Arthur Rimbaud.
    • Des soins et services à la personne, à domicile (J.J. Rousseau à Sarcelles) ou en structure seule (Sarcelles et Arnouville).

Les Bacs technologiques sont beaucoup plus spécialisés. Une filière innovante à Garges-lès-Gonesse (Simone de Beauvoir) et Sarcelles (la Tourelle) : « Sciences et technologies industrielles et développement durable (STI2D) dont 2 options « énergie et environnement » « système d’information et numérique » sont dispensées dans les deux établissements et une sur « Innovation technologique et éco-conception » à la Tourelle.

Une deuxième filière en Sciences et Technologie de Laboratoire (STL) – spécialité en Sciences physiques et chimiques en laboratoire – enseignée au lycée René Cassin à Gonesse.

Une troisième spécialisation en Management-Gestion (STMG) fortement représentée sur le territoire : 4 établissements, avec 4 options : Ressources Humaines et communication (S. de Beauvoir à Garges, La Tourelle et Jean-Jacques Rousseau à Sarcelles) ; Système d’Information et gestion (Garges, Sarcelles, ORT à Viliers-le-Bel) Gestion et finances ; enfin Mercatique (ces deux dernières options présentes à Sarcelles, aux lycées J.J. Rousseau et La Salle-St Rosaire).

Un Bac Techno Sanitaire et social (ST2S) dans 3 structures : (Cassin /Gonesse ; Rousseau, La Salle/Sarcelles).

Les Bacs généraux sont bien représentés, avec des options ES et S dans les 8 établissements à « voie générale et technologique », sans compter l’option Littéraire conservée dans 4 cas.

Manquent des domaines comme la maintenance industrielle, les matériaux, les biotechnologies, la chimie. Peu de place aux nouveaux métiers du secteur environnement, en dehors d’une offre « développement durable », couvrant une faible part du champ. En tertiaire, rien sur l’éducatif ou le social, l’art et la culture.

IV. Des parcours de formation segmentés

Dans l’ensemble, l’offre de formation se limite à des « segments » sur un parcours, qui ne permettent pas d’opérer l’ensemble d’un cursus longitudinal de professionnalisation, depuis le CAP jusqu’au dernier échelon de l’enseignement supérieur.

En matière industrielle, on ne relève sur l’ensemble de Val-de-France aucun parcours de formation possible, sur la seule distance allant du CAP au BTS.

Le lycée des métiers de Villiers-le-Bel (Mendès-France), pourtant positionné sur les créneaux innovants de l’éco-construction s’arrête aux Bac Pro. Toujours dans cette commune, les filières des métiers de bouche de l’IMA se cantonnent aux CAP, avec un seul Brevet Professionnel en Boulangerie. Impossible de poursuivre ensuite un cursus qualifiant, car on ne recense aucun BTS en Hôtellerie-Restauration sur le territoire intercommunal, malgré la proximité du 2ème pôle d’hôtellerie-restauration après Paris que constitue le bassin de Roissy. Certes, cette pénurie est partiellement compensée par la proximité d’un lycée hôtelier réputé à Dugny dans le 93. Mais les perspectives annoncées de constructions d’hôtels dans les communes du Grand Roissy, même surévaluées, expriment un besoin de formation potentiel largement supérieur à l’offre existante.

Le lycée de la Tourelle à Sarcelles fait exception dans cet ensemble, avec des Bac Pro positionnés sur des créneaux industriels recherchés (Microtechniques, Electrotechnique-énergie-équipements-communicants, Systèmes électroniques numériques), ainsi que des Bacs Techno en Sciences & technologies industrielles et développement durable (STI2D). Des diplômes qui peuvent se poursuivre ultérieurement en BTS (Conception et industrialisation micro-techniques, Systèmes numériques – option Informatique et Réseaux). Mais qui supposent la capacité des élèves à parvenir au niveau IV et qui ne permettent pas un continuum ultérieur sur place dans ces spécialisations en niveaux II et I.

Ainsi, une offre démarrant au niveau IV élimine  des élèves qui ne parviennent pas à ce palier diplômant, situation qui apparaît particulièrement sélective pour les jeunes de Val-de-France.

En ce qui concerne les métiers tertiaires, la filière « Commerce », offre des possibilités limitées au CAP à l’IMA de Villiers-le-Bel. A Arthur Rimbaud (Garges-lès-Gonesse) l’établissement permet de poursuivre ses études du CAP au Bac pro, mais pas au-delà. On recense par ailleurs un seul BTS en commerce international au lycée J.J. Rousseau (Sarcelles), filière pourtant répertoriée comme stratégique en ce qui concerne le bassin d’emploi de Roissy. Notons aussi un Bac Pro Commerce et un diplôme de niveau III en « management des unités commerciales », dispensé au CFA-GESCIA de Gonesse.

Dans les carrières du médico-social, on démarre à Arnouville (lycée V. Henderson) avec deux diplômes d’Etat « Aide-soignant » et « Auxiliaire de puériculture » dont on peut regretter qu’ils n’aillent pas jusqu’à « infirmier », ou puériculteur/trice voire au-delà. A Gonesse et Sarcelles, deux établissements dépendant du Ministère de la Santé (l’IFSI Schweitzer et la Fondation Chaptal) permettent de préparer successivement les diplômes de niveau V cités plus haut et de poursuivre jusqu’au niveau II avec un diplôme d’infirmier/ière. Notons également un Bac Pro «Soins et services à la personne » dispensé dans 2 lycées, dont une spécialisation sur le créneau très étroit des « personnes dépendantes en établissement hospitalier » (Jean-Jacques Rousseau, Sarcelles). Compte tenu de 2 importants équipements hospitaliers sur Val-de-France (hôpital privé Nord parisien à Sarcelles – 300 lits – et surtout l’hôpital de Gonesse -1100 lits – qui vient d’emménager dans de nouveaux bâtiments), l’offre de formation paraît relativement indigente.

Relevons des possibilités assez développées dans le domaine de la gestion : à Virginia Henderson (Arnouville), Jean-Jacques Rousseau (Sarcelles) et Villiers-le-Bel, en Bac Pro ou  à Simone Beauvoir (Garges-Lès-Gonesse) en Bac techno avec 3 options (RH & Communication ;  Système d’information & Gestion et Gestion & Finances). Des possibilités de poursuivre des BTS « Comptabilité & gestion des organisation » à René Cassin (Gonesse) ou « de manager » à Jean-Jacques Rousseau (Sarcelles). Ou encore un BTS plus généraliste « comptabilité et gestion des organisations » à René Cassin (Gonesse),  et un diplôme Bac + 3 « Comptabilité-gestion » à l’IUT de Sarcelles.

Les autres professions de services sont sous-représentées. Un bac Pro « Services de proximité et vie locale » (Arnouville) paraît intéressant notamment pour les quartiers en Zone urbaine sensible, avec deux options « soutien et aide à l’intégration » et « gestion du patrimoine locatif ». Mais il semble n’y avoir guère de lien avec les bailleurs sociaux des sites financés par la politique de la ville. Il est par ailleurs impossible de poursuivre ensuite le cursus.

Ici encore, nous constatons une insuffisante prise en compte des besoins en services à la personne et aux entreprises, à l’échelle du Grand Roissy qui représente 600 000 habitants et 260 000 emplois.

V. Une offre d’enseignement supérieur insuffisante et peu adaptée au territoire

Seul, l’IUT de Sarcelles rattaché à l’université de Cergy-Pontoise fournit des formations diplômantes de niveau II.

Les BTS secondaires : un seul en « Conception et industrialisation micro-techniques » (Sarcelles /La Tourelle). On peut regretter par exemple, qu’il n’y ait aucune formation de niveau III dans le Bâtiment.

Les BTS tertiaires se limitent à :

  • SAV automobile (A.Rimbaud/Garges),
  • Banque, option conseil clientèle (ORT/Villiers-le-Bel),
  • Management d’unités commerciales (GESCIA/Gonesse),
  • Commerce International (J.J. Rousseau/Sarcelles).

Un BTS de Transport-Logistique (René Cassin et CFA Promotrans à Gonesse) et une formation bac +2 « Responsable Transport multi-modal » (CFA Promotrans à Gonesse)

4 diplômes concernent le domaine de la Gestion : Comptabilité (René Cassin à Gonesse), Assistant/e de direction, de gestion PME-PMI, de manager. Enfin un BTS Systèmes informatiques réseaux ( L. de la Tourelle à Sarcelles).

L’IUT de Sarcelles prépare un DUT industriel : Génie électrique et informatique industrielle et deux DUT tertiaires, en techniques de commercialisation et métiers du multimédia.

Dans le domaine industriel, rien sur la Biotechnologie, la Chimie, l’Electrotechnique ou l’Electronique, la Maintenance, l’Environnement… Dans le tertiaire, aucune offre en matière de Tourisme, Hôtellerie Restauration, domaines par contre très bien représentés en Seine-St Denis.

Les formations dépassant le BTS se concentrent à l’IUT de Sarcelles, avec deux Licences PRO « Droit, Economie Gestion, Commerce », avec 3 spécialisations possibles : Management et Gestion commerciale dans les services ; Commerce et distribution ; Commerces de proximité et nouveaux médias. Le GESCIA propose une licence de Responsable manager de la distribution.

VI. Une offre linguistique à consolider

Il existe des sections européennes dans 4 lycées, dont une en anglais, deux en allemand, une en italien. La faible importance de l’anglais semble ici problématique, dans un territoire qui se veut ouvert à l’international. D’autres établissements ont mis en place du soutien en langues , comme le GRETA Val de France. Le programme régional d’anglais aéroportuaire (Aeroform International) à Sarcelles. Enfin signalons la Maison des langues à Garges-lès-Gonesse mise en place par la mairie (FLE, Alphabétisation, Initiation à l’anglais).

VI. Des lacunes notoires :

Rien sur le Sport (même pas des sections sportives au lycée), le social et le socio-éducatif, les arts et la culture, alors qu’il y a de nombreux savoir-faire et demandes dans ces domaines dans les quartiers du territoire !
Aucune offre en formation initiale n’existe dans les services aux entreprises de type conseil, droit, finances (en dehors de la comptabilité), ressources humaines…

VII Des possibilités pour les jeunes en difficulté, mais trop modestes

On enregistre sur le territoire un important flux de jeunes « décrocheurs » sortants de l’appareil scolaire sans qualification, malgré le plan régional de lutte contre le décrochage et les programmes de réussite éducative mis en place dans le cadre de la politique de la ville. Certains collèges proposent des « Sections d’Enseignement Général et Professionnel Adapté » (SEGPA) destinées aux élèves en difficulté, afin d’acquérir des connaissances et compétences constituant le « socle commun » permettant d’accéder au lycée, à Garges-lès-Gonesse (Henri Wallon et Pablo Picasso), Gonesse (Robert Doisneau), Sarcelles (Chantereine et Evariste Galois), Villiers-le-Bel (Léon Blum). Certains collèges proposent en outre des formations pour élèves primo-arrivants (Henri Wallon, et Pablo Picasso à Garges-lès-Gonesse).

Il existe aussi des passerelles vers l’enseignement professionnel et l’apprentissage, dans les lycées des 3ème préparatoires aux formations professionnelles (La Tourelle à Sarcelles ; Mendès-France à Villiers-le-Bel) ; Et un dispositif d’initiation aux métiers en alternance, dispensé à l’IMA (Villiers-le-Bel) et Promotrans (Gonesse).

Enfin, Sarcelles dispose d’une « école de la deuxième chance » mais qui accueille seulement 150 élèves, ce qui est très modeste.

L’ensemble de ces dispositifs est loin d’être négligeable, mais est largement insuffisant au regard des besoins de pré-qualification de la main-d’œuvre, qui connaissent une aggravation.

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Au total, l’appareil de formation de Val-de-France constitue une offre non négligeable : certains établissements sont réputés, couvrant des spécialités de qualité ; des filières professionnelles enregistrent des taux satisfaisants de réussite. Toutefois, des marges de progrès importantes existent pour adapter l’outil de formation : l’ensemble apparaît disparate, avec une addition d’opportunités qui n’ont pas été pensées de façon globale, tenant à la fois compte des compétences et capacités de la main d’œuvre et des spécificités du territoire, avec la concentration des emplois dans un faible nombre de filières et un éventail de métiers restreint. La difficulté de pouvoir construire sur le territoire des parcours de formation complets est réelle. Des manques évidents par rapport à des filières innovantes (industries de pointe, environnement) et aux compétences et aspirations des populations des quartiers (sport, socio-éducatif, art et culture par exemple).

Au regard de notre analyse de l’appareil de formation, les solutions préconisées pour faire baisser le taux de chômage des actifs du territoire paraissent peu appropriées :

  1. Former à l’avance les élèves d’une classe d’âge (par ex ceux qui sont nés en 2000) aux futurs emplois escomptés dans 10 ans ? Le solde migratoire étant négatif, on enregistre une importante rotation de la population qui rend inopérant un tel objectif.
  2. Tout miser sur le développement de Roissy : s’agissant d’un pôle métropolitain, le pôle offre un éventail très restreint de métiers (une centaine). La poursuite de son développement est entachée d’incertitudes. Dans ces conditions, il n’est pas recommandé de spécialiser fortement l’appareil de formation, restreignant d’autant les possibilités d’embauche de la main d’œuvre locale.
  3.  Rajouter un pôle métropolitain comme EuropaCity de mêmes caractéristiques que Roissy de plus positionné sur des créneaux d’activités déjà pléthoriques sur le territoire, apparaît particulièrement inapproprié. L’implantation d’EuropaCity (avec son spectre très étroit de 80 métiers offerts) constituerait une offre redondante par rapport aux besoins du territoire. Et mettre en place un système privé opérationnel de type « EuropaCity Compétences » au service d’un seul pôle aggraverait encore le décalage avec les besoins de la main-d’œuvre locale.

Les solutions pertinentes doivent porter au contraire sur :

  • un appareil de formation mettant l’accent sur les premiers niveaux de formation initiale, sur l’ouverture à des champs de compétences larges, développant le champ des possibles et l’adaptabilité ;
  • la diversification des pôles d’emplois :
    • le développement des emplois locaux des villes  : des services de proximité ;
    • l’accès à des bassin d’emplois diversifiés et offrant des emplois peu qualifiés : les pôles de Saint-Denis et de Paris rive droite (Paris-Nord, Quartier Central des Affaires).

Annexe

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